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Douala : « L'Arc-en-ciel monochrome », le rhizome guadeloupéen vu par Yvon Ngassam

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Le vernissage de « L'Arc-en-ciel monochrome », exposition du plasticien camerounais Yvon Ngassam, a réuni un public nombreux jeudi 17 septembre à l'Annie Kadji Art Gallery, à Bonapriso (Douala). Entre sourires, rencontres et échanges, la soirée a posé les bases d'une réflexion que l'artiste développe depuis plusieurs années : celle de l'identité comme métissage, jamais comme origine unique.

Avec ce nouveau corpus, Yvon Ngassam s'attaque à un réflexe courant : réduire les Guadeloupéens, du seul fait d'une carnation de peau partagée, à une filiation exclusivement africaine. L'exposition rappelle une généalogie bien plus composite (Kalinago, Taïnos, Indiens, Français, Chinois, ethnies africaines diverses) pour donner à voir un peuple né du métissage, un peuple « Tout-monde », selon la formule du poète martiniquais Édouard Glissant dont l'artiste convoque explicitement le concept d'identité-rhizome.

Le titre même de l'exposition condense cette pensée : l'arc-en-ciel, symbole classique de la diversité et de la pluralité des couleurs, ramené au monochrome, comme pour signifier ce que le regard extérieur retient trop souvent d'une identité en réalité multiple et enchevêtrée. C'est là un geste caractéristique du travail d'Yvon Ngassam, artiste basé à Douala dont la pratique ( photographie, vidéo, sculpture, art numérique) interroge régulièrement les héritages coloniaux, les migrations et les mémoires collectives, en évitant les récits figés au profit de formes plus fluides, tissées de résilience et de nuances.

En choisissant Bonapriso et la galerie Annie Kadji comme point d'ancrage, l'exposition inscrit ce dialogue caribéen-africain sur la scène doualaise, confirmant la vocation de l'artiste à faire de son travail un espace de rencontre entre les histoires du continent et celles de sa diaspora. L'exposition se poursuit jusqu'au 18 décembre 2026.

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