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· AFRICA LEGACY : À BRUXELLES, LE CAMEROUN TIENT SON RANG

En marge du Rebranding Africa Forum 2𝟎26, Didier Claes, personnalité très connue du milieu de l’art a lancé l’Africa Legacy à l'Espace Vand

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· 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀 𝐋𝐄𝐆𝐀𝐂𝐘 : 𝐀̀ 𝐁𝐑𝐔𝐗𝐄𝐋𝐋𝐄𝐒, 𝐋𝐄 𝐂𝐀𝐌𝐄𝐑𝐎𝐔𝐍 𝐓𝐈𝐄𝐍𝐓 𝐒𝐎𝐍 𝐑𝐀𝐍𝐆

En marge du Rebranding Africa Forum 2𝟎26, Didier Claes, personnalité très connue du milieu de l’art a lancé l’Africa Legacy à l'Espace Vanderborght. Un évènement qui réunit une cinquantaine d'artistes contemporains, dont trois sont camerounais.

L'exposition est massive. Didier Claes y réunit 165 œuvres classiques et 100 œuvres contemporaines, venues de collections privées et institutionnelles. Le parcours est simple, presque scolaire dans sa logique, et c'est tant mieux. L'art ancien occupe le rez-de-chaussée. Le moderne et le contemporain, le premier étage. On monte, et on change de siècle.

Claes n'est pas un inconnu. Galeriste belgo-congolais né à Kinshasa, il s'est spécialisé dans l'art classique d'Afrique centrale. Il ne prétend pas réécrire l'histoire de l'art africain, dit-il, juste lui « poser un regard actualisé ». Le Congo est logiquement très présent : vingt des cinquante-six artistes contemporains en sont originaires.

Le Cameroun, lui, arrive avec seulement trois noms. Mais pas n’importe lesquels. D’ailleurs, ils font partie de la crème des artistes camerounais ayant une bonne côte de valeur sur le marché mondial de l’art.

Samuel Fosso, l'homme aux mille visages

C'est d'ailleurs une de ses images, issue de la collection Uhoda, qui accompagne la communication de l'exposition. Son histoire est connue, elle mérite pourtant d'être rappelée. Né en 1962 à Kumba, il grandit au Nigeria, puis la guerre du Biafra pousse sa famille à fuir vers Bangui. Il ouvre son propre studio photo en 1975. Il a treize ans.

Le soir, il finissait ses pellicules sur lui-même. C'est là que tout commence. Repéré en 1993, il est montré l'année suivante aux premières Rencontres de la photographie africaine de Bamako, qui lancent sa carrière. Depuis, Fosso se déguise, se transforme, devient d'autres. Dans African Spirits, en 2008, il incarne Senghor, Muhammad Ali, Angela Davis ou Malcolm X. Dans une exposition qui parle d'héritage, sa présence tombe sous le sens. Ses autoportraits sont des archives de l'identité noire.

Barthélemy Toguo, l'artiste qui ne choisit pas

Il vit et travaille entre Paris, et Bandjoun où se trouve sa galerie qui est aussi un lieu de résidence qui accueille de nombreux artistes plasticiens. Dessin, aquarelle, sculpture, photo, performance, installation : il touche à tout, et toujours pour parler des fractures du monde. Guerres, abus de pouvoir, migrations.

Ce qui frappe ici, c'est la cohérence. Africa Legacy confronte l'ancien et le contemporain. Toguo connaît l'exercice. Au quai Branly, la Fondation Dapper avait déjà mis ses œuvres face à des pièces d'art africain ancien. Et il ne se contente pas d'exposer. Avec Bandjoun Station, son centre culturel, il défend l'art sur place, la lutte contre la déforestation, l'agriculture locale. L'héritage, chez lui, c'est aussi un chantier.

Salifou Lindou, la voix de Foumban

Il est peut-être le moins médiatisé en Europe, mais son génie parle à sa place. Salifou Lindou est un artiste autodidacte qui a su façonner à de rien, il travaille la peinture, la sculpture et l'installation. Figure de la scène de Douala, membre fondateur du Cercle Kapsiki, il porte une peinture dense, nerveuse, très urbaine. Le voir accroché à Bruxelles aux côtés de Chéri Samba ou d'Aboudia, c'est une reconnaissance qui n'a rien d'anecdotique.

Et en bas, les anciens

Il ne faut pas rater le rez-de-chaussée. Le Cameroun y est aussi, avec des pièces issues du patrimoine Bangwa, Fang et kaka. Des sculpteurs souvent anonymes. Quand le nom de l'auteur est inconnu, l'exposition attribue l'œuvre à sa provenance, « Artiste Hemba » par exemple pour une pièce de la région hemba. Le détail compte. On ne parle plus d'objets, on parle d'artistes.

Africa Legacy est visible jusqu'au 1er novembre 2026 à l'Espace Vanderborght, 50 rue de l'Écuyer, du mercredi au dimanche de 11h à 18h, jusqu'à 21h le vendredi. Entrée à 12 €, 6 € pour les étudiants, gratuit pour les moins de 12 ans. Le dernier Talk, le 30 octobre, posera une question qui fâche : et si l'art africain était le prochain grand investissement ?

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